JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES

Dans de nombreuses traditions africaines, la puissance du féminin n’a jamais été pensée comme une faiblesse, mais comme une force fondatrice du vivant.

Dans la cosmologie yoruba, cette puissance est évoquée à travers le concept d’Àjẹ́, associé aux Iyami, les « mères puissantes », gardiennes de la création, de la transmission et de l’équilibre du monde. Le féminin y est reconnu comme une force spirituelle et créatrice.

Cette vision rejoint une philosophie centrale des sociétés africaines : Ubuntu  « je suis parce que nous sommes ». Elle rappelle que la vie repose sur la relation, l’interdépendance et la responsabilité mutuelle entre les êtres humains et avec la Terre.

Pourtant, l’histoire de l’Humanité a profondément bouleversé ces équilibres. La volonté d’appropriation de la terre et des corps, la colonisation, les logiques extractivistes et certaines visions modernes du pouvoir ont transformé les femmes, les territoires et la nature en objets de domination, plutôt qu’en sujets de droit.

C’est dans ce contexte que le combat pour les droits des femmes est devenu nécessaire.

Des penseuses comme Angela Davis, Bell Hooks, Audre Lorde ou Patricia Hill Collins ont montré que les dominations de genre, de race et de pouvoir sont liées. Sur le continent africain, Wangari Maathai a rappelé que la protection de la terre et l’émancipation des femmes sont indissociables.

La reconnaissance de la puissance du féminin n’oppose pas les femmes et les hommes. Elle invite au contraire à reconstruire une relation plus équilibrée avec le vivant.

Au Perroquet – La Voix des Femmes de la Terre, nous sommes convaincus que la justice environnementale, la justice sociale et la reconnaissance du rôle des femmes dans la protection du vivant sont profondément liées.

Reconnaître les femmes comme actrices de savoir, de transmission et de protection de la vie, c’est aussi reconnaître que notre avenir dépend de notre capacité collective à réapprendre la relation.

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